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Frank Almonte

France : Des centaines d’Églises s’inquiètent du projet de loi destiné à mettre fin …

Exaspéré par des années de terrorisme infligé par les islamistes radicalisés, le parlement français est en débat sur une loi destinée à mettre fin au séparatisme musulman.

Les protestants français, notamment les évangéliques, redoutent que leurs Églises en subissent des dommages collatéraux.

« C’est la première fois, en tant que président de la Fédération Protestante de France, que je me retrouve en position de devoir défendre la liberté de culte, déclare François Clavairoly. Je n’aurais jamais imaginé que, dans mon propre pays, quelque chose de ce genre puisse arriver. »

Officiellement dénommé « Projet de loi confortant le respect des principes de la République », le texte de 459 pages a été l’objet de vifs débats ces dernières semaines, avec le dépôt de 1 700 amendements. Le but, selon les déclarations que le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a faites au parlement, consiste à stopper « la contagion islamiste hostile visant les musulmans » ; c’est une « gangrène infectant notre unité nationale ». Les musulmans demeurent massivement dans les nombreuses banlieues pauvres des grandes villes françaises, et les autorités craignent que l’importation d’idéologies extrémistes ne conduise cette minorité religieuse à vouloir se soustraire à l’intégration au sein de la nation.

De récentes agressions terroristes ont suscité dans l’opinion une demande de mesures de sécurité renforcées. Au cours des six dernières années, la France a subi 25 attaques djihadistes mortelles, faisant 263 morts. Pour mémoire :

  • En janvier 2015, 17 personnes ont été tuées dans l’attaque de Charlie Hebdo.
  • En novembre 2015, 131 personnes ont été tuées dans l’attaque du Bataclan pendant un concert.
  • En juillet 2016, 86 personnes ont été tuées à Nice par un camion qui a foncé dans la foule pendant les festivités du 14-Juillet.
  • En décembre 2018, 5 personnes ont été tuées lors d’une agression sur le marché de Noël.
  • En octobre 2020, 3 personnes ont été poignardées pendant une cérémonie de prière à la cathédrale de Nice.

En 2018, Le chef de l’anti-terrorisme de l’Union européenne a estimé que 17 000 musulmans radicalisés se trouvaient en France.

Selon l’Institut Français d’Études Démographiques (INED), environ 82 % des citoyens musulmans proviennent d’Afrique du Nord – Algérie, Maroc, Tunisie – autrefois sous la domination de la France coloniale. 8 % s’ajoutent en provenance de la Turquie.

Parmi les dispositions essentielles, figure un contrôle accru des associations religieuses. De nombreuses mosquées sont en lien avec le monde musulman, avec des imams élevés et instruits dans des nations dépourvues de l’héritage des droits humains et de la liberté de religion.

La loi empêchera des individus étrangers d’avoir la mainmise sur une association, laquelle sera tenue de signer un « contrat d’engagement républicain » garantissant que ses membres respectent les valeurs de la France. Un financement supérieur à 10 000 € devra être déclaré aux autorités.

De plus, le projet de loi rend illégaux : la polygamie, le mariage forcé et la promulgation de « certificats de virginité » que les musulmans exigent quelquefois d’une future mariée.

La loi cherche à combattre la pression séparatiste qui engendre une « contre-société », selon le Président Emmanuel Macron, qui a promis cette nouvelle loi en octobre dernier. À cet effet, les enfants à partir de l’âge de 3 ans doivent être intégrés dans le système scolaire officiel.

Et pour éviter des attaques qui chercheraient à imiter la décapitation d’un professeur qui avait débattu sur les caricatures réputées offensantes de Mohammed ce même mois, la « loi Samuel Paty » créera un nouveau délit de haine lorsque seront mis en ligne des détails personnels dans l’intention de nuire.

La proposition de loi est « utile et nécessaire », selon le président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Elle est « injuste mais nécessaire », selon le président de la Fondation de l’Islam de France, qui est profane.

La France dispose déjà de lois qui pénalisent les associations religieuses pour activisme extrémiste. Depuis 2018, 159 associations ont été dissoutes, y compris 13 mosquées. Et le port de signes religieux ostentatoires – tels que le hidjab et la croix – est illégal dans les institutions publiques, en particulier pour les fonctionnaires d’État.

Cependant, même avant cette loi, la France étendait déjà la portée des contrôles légaux. En janvier 2021, de nouveaux décrets permettaient aux autorités de collecter des informations sur les opinions politiques et religieuses des individus soupçonnés de représenter une menace contre la sécurité nationale. Auparavant, seules leurs activités pouvaient être surveillées.

« On n’a jamais connu en France une pression de contrôle aussi forte, affirme Frank Meyer, président du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine. C’est inquiétant pour tous les défenseurs de droits de l’homme, et le CPDH en fait partie. »

Ces mesures risquent de violer la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, qui est fondatrice de la République Française et pèse d’un poids quasiment équivalent à la Constitution française. Mais la nouvelle loi vise à amender deux autres documents historiques qui définissent la laïcité à la française et qui codifient son approche de la religion notamment dans son combat contre une Église catholique hégémonique. En réalité, ce sont les protestants qui se sont faits les champions de cette cause.

Parfois traduit par « sécularisme », la laïcité française est en fait assez proche de la notion américaine de la « séparation des Églises et de l’État ».

En 1901, la France fit voter une loi pour réglementer les associations, éventuellement religieuses.

En 1905, une autre loi régissait les associations à vocation cultuelle – c’est-à-dire essentiellement les Églises – avec un statut d’exemption fiscale.

[Une loi de 1907 régissait l’Église catholique à part, à charge pour l’État d’entretenir ses églises lorsqu’elles étaient classées Monuments Historiques, et exigeant de ses évêques une reconnaissance formelle de l’État. Cette loi n’est pas soumise à révision dans le projet de loi actuel.]

À elles toutes, ces lois fondent la laïcité, c’est-à-dire la neutralité de l’État en matière religieuse, la liberté d’expression religieuse et la relation contractuelle avec le gouvernement.

Parmi ses promoteurs, figure Francis de Pressensé, membre éminent de la Ligue des Droits de l’Homme, et fils d’un célèbre pasteur évangélique.

Mais aujourd’hui, le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) sonne l’alarme. « C’est vraiment une situation grave, déclare Clément Diedrichs, directeur général du CNEF. La laïcité est censée protéger la libre organisation des groupes religieux, mais cette loi autorisera la répression de l’expression religieuse dans la société. » Diedrichs s’est concerté avec des représentants de l’islam, du judaïsme, du bouddhisme et d’autres instances chrétiennes au sein de la Conférence des Responsables de Culte en France (CRCF). « Nous avons une position unanime qui reconnaît les risques potentiels que représente cette loi pour la liberté religieuse, dit-il. Personne n’est satisfait de cette loi. »

…Sauf, peut-être, les électeurs. Environ un tiers des Français se considèrent comme non-croyants ou athées. « La grande majorité des Français ne s’intéressent guère à cette proposition de loi, déclare Cheryl Cloyd, missionnaire américaine résidant en France depuis vingt-six ans. Ils pensent même qu’elle est très bien parce qu’ils veulent qu’on s’occupe des terroristes. » Du coup, le législateur est hésitant, selon Diedrichs. « Certains de ceux qui seraient peut-être d’accord avec nous choisissent la sécurité, dit-il. Notamment sur le plan électoral, ce choix s’avère payant. »

Les Free Will Baptists de France (des baptistes de tendance arminienne) ont souligné cinq aspects de la proposition de loi :

  • Les Églises devront se faire réenregistrer tous les cinq ans.
  • Des représentants de l’État surveilleront les prédications pour vérifier si elles n’incitent pas à la haine.
  • L’instruction au sein du foyer ne sera pas autorisée pour des motifs religieux.
  • La déclaration de fonds étrangers inclura le personnel missionnaire.
  • Les leaders religieux ne pourront pas être formés hors de France.

« Peut-on parler aujourd’hui en France de “laïcité zombie” ? se demande Jean-Raymond Stauffacher, président de l’Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France. Tout le monde est d’accord pour tuer dans l’œuf l’islam radical, mais cette loi, telle qu’elle est formulée, est déconnectée de son but avoué. »

Frédéric Baudin, écrivain, et pasteur de l’Église Libre d’Aix-en-Provence, souligne d’autres problèmes. Les restrictions de financement peuvent accroître la difficulté, pour de petites communautés, de construire leur propre bâtiment. Et presque tous les trésoriers d’Église sont des bénévoles. Des contrôles accrus les mettront encore plus sous pression. Il se demande si la nouvelle loi ne va pas en pousser certains à éviter de fonder une association déclarée et à préférer faire les choses dans l’illégalité. Baudin affirme que certains en France sont des « laïcistes » [ou des « laïcards »], le suffixe en -iste renforçant l’aspect radical de ces personnes. « Il y a un courant séculier dans le sens américain du terme – en France on ne le dit pas comme ça – mais effectivement on dirait plutôt “laïciste” dans le sens d’une laïcité excessive qui veut empêcher ou imposer une sorte de neutralité absolue. Alors que la vraie laïcité c’est de garantir, au contraire, la diversité d’opinions. C’est une neutralité positive. »

Les évangéliques français qui, dans leur immense majorité, financent leurs propres Églises, respectent la loi, et ils donnent deux fois plus que le Français moyen – ce n’est donc pas de la paranoïa de leur part. Dans le débat sur les dispositions de la loi, les autorités ont récemment fait le tri parmi les protestants. « Les évangéliques sont un problème très important, a déclaré Gérald Darmanin le 2 février. Alors pas de même nature, évidemment, que l’islamisme qui commet des attentats, qui donne des meurtres. » Mais dans une autre interview, il les a mis dans le même sac : « nous ne pouvons plus discuter avec des gens qui refusent d’écrire sur un papier que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu », a-t-il déclaré.

Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a même accusé les évangéliques français d’exiger des certificats de virginité, imitant une soi-disant tendance évangélique américaine.

« La France ne gagnera rien dans sa lutte contre le séparatisme islamique en mettant sur le même plan le christianisme et l’islam, dit Romain Choisnet, directeur de la communication du CNEF. Le premier a façonné cette nation dont la République est l’héritière. Le second veut la remplacer. »

Josias Sarda, ancien de l’Église protestante évangélique de Pau, dans les Pyrénées, explique que la loi passe complètement à côté de son objectif. D’après le CNEF, 90 % des 2 500 Églises sont déclarées sous le régime de la loi de 1905 qui est désormais soumise à amendement.

Dans le même temps, les musulmans sont presque entièrement déclarés sous le régime de la loi de 1901, y compris le CFCM fondé en 2003.

Le malentendu est si dur que Sarda se demande s’il ne proviendrait pas d’une attaque spirituelle. Les évangéliques se développent rapidement en France, et ils sont maintenant 1 million. Pendant ce temps, la population musulmane du pays est estimée entre 3,3 et 5 millions. Sarda propose de créer un nouveau mot : évangélicophobie.

Cependant, l’islam radical est une grave menace pour la France, selon Frank Meyer, le président du CPDH, qui est également maire d’un petit village de Normandie. Il craint que la loi l’empêche de prendre une position chrétienne jusque dans sa sphère privée – par exemple sur la question du mariage homosexuel. Assurément, certains aspects de cette loi sont justifiés, estime Meyer, mais par expérience pratique, il sait que certaines dispositions ne le sont pas. En tant que maire, il est responsable de veiller sur toute famille qui ferait l’école au sein du foyer. S’il y a un problème d’extrémisme, il le saura : « Nous pensons que l’État profite de ce projet de loi de lutte contre le séparatisme pour désigner de mauvais coupables, en disant : finalement, les parents qui instruisent leurs enfants en famille représentent un danger pour la République. »

Mais alors qu’il y a 50 000 enfants scolarisés à la maison en France, on soupçonne qu’il y en a bien davantage que l’on dissimule dans des « écoles clandestines » et qui sont endoctrinés dans une idéologie islamiste.

La meilleure forme de laïcité, selon Florent Varak, permet aux évangéliques de les atteindre. Pratiquement 4 musulmans sur 10 ont dit avoir souffert de discrimination religieuse. Et alors que les violations de la liberté religieuse contre les chrétiens se maintiennent nettement à un haut niveau en 2019 (1 052 incidents), les violations anti-musulmans ont grimpé de 54 % (154 incidents). « Notre modèle de laïcité est bon ; il permet aux athées, aux musulmans, aux chrétiens de coexister, de ne pas être d’accord et de traiter des problèmes ensemble, dit ce pasteur français et directeur de mission pour Encompass World Partners. Nous pouvons laisser la question de l’intégration aux soins de l’État et nous attacher à aimer notre prochain musulman, à partager l’Évangile sans crainte ni pressions. »

Aussi, malgré le défi que représente pour l’Église ce projet de loi, les évangéliques doivent garder les yeux sur le Christ, rappelle Clément Diedrichs, le directeur général du CNEF. Le temps est venu de prier, plutôt que de se plaindre. « On prie beaucoup en France pour l’église persécutée, mais quand un petit problème nous arrive en France, on crie au scandale. Justement, peut-être le temps est-il venu pour nous de traverser nous aussi les difficultés et de persévérer, comme le dit l’Apocalypse, et que le Seigneur voie s’il y a vraiment la foi et s’il y a vraiment des témoins pour lui. C’est une question d’attitude. Ne soyons pas des chrétiens râleurs, même si c’est normal de ne pas être d’accord avec ce gouvernement. Il faut avant tout être un chrétien qui soit fier de son Seigneur. »

Reportage complémentaire de Kami Rice et Morgan Lee

Traduction : Philippe Malidor

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Frank Almonte

Su pastor personal
El pastor, Frank Almonte es un reconocido comunicador y productor de medios de comunicación cristianos de la ciudad de Nueva York, donde junto con su esposa Rosemary, han estado pastoreando el Centro Cristiano Adonai por más de veinticinco años. Es Doctor en Divinidades de la Universidad Cristiana Logos en Jacksonville, Florida y en Filosofía (PhD) de Texas University of Theology. Es también entrenador y mentor en The John Maxwell University. Su pasión por ensanchar el Reino de Dios lo ha motivado a escribir varios libros, entre ellos, Gobierno Apostólico y Riquezas de las Naciones.